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Que signifie l’informatique ? Ma première leçon

L’informatique ne consiste pas seulement à utiliser un ordinateur. Une première leçon sur les données, l’information, la communication et les règles, avec des exemples concrets et quatre questions pour réfléchir.

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Que signifie l’informatique ? Ma première leçon

12 min

Quand nous entendons le mot informatique, nous pensons immédiatement à l’ordinateur de la maison ou à ceux du laboratoire de l’école. C’est un bon point de départ, mais ce n’est pas toute l’histoire. La première question n’est pas « sur quelle touche appuyer ? », mais « quelles informations ai-je, que signifient-elles et comment puis-je les utiliser ? ».

1. L’informatique : la science de l’information

L’informatique étudie comment représenter, traiter, transformer, mémoriser et communiquer des informations, notamment à l’aide d’outils automatiques. Pour une première définition, nous pouvons la considérer comme la science du traitement de l’information.

L’ordinateur nous aide à effectuer des opérations, conserver des données et répéter des procédures très rapidement. Mais quelqu’un doit d’abord décider quelles données sont nécessaires, comment les représenter et quelles règles appliquer. Réfléchir à ces choix, c’est déjà faire de l’informatique, même avec du papier et un crayon.

Par exemple, classer une liste de noms, retrouver une date dans huit chiffres ou calculer combien d’élèves portent des lunettes sont des activités de traitement de l’information. Ouvrir un logiciel n’est qu’un des outils possibles pour les réaliser.

2. Qu’est-ce que l’information ? Un message pour quelqu’un

Imaginons un émetteur, qui envoie un message, et un récepteur, qui le reçoit. Pour se comprendre, ils doivent partager un code : une langue, des symboles ou des conventions. Le contexte dans lequel le message arrive compte aussi.

Émetteur → message → récepteur. Un camarade parle, une phrase porte le contenu, vous écoutez et vous l’interprétez.

Une façon intuitive de comprendre la valeur informative d’un message consiste à demander : que m’apprend-il que je ne savais pas auparavant ? Si un ami dont vous connaissez déjà le nom vous le répète, il n’ajoute aucune nouveauté pour vous. S’il vous raconte plutôt qu’il s’est inscrit hier à la faculté d’ingénierie et que vous l’ignoriez, votre connaissance change.

La nouveauté dépend donc aussi de ce que le récepteur sait déjà. C’est une première intuition, pas une mesure formelle de l’information. De plus, une nouvelle n’est pas automatiquement vraie ou utile : nouveauté, sens, fiabilité et utilité sont des choses différentes.

Au quotidien, nous conservons et communiquons des informations parce qu’elles peuvent nous servir immédiatement ou plus tard : un horaire, une adresse, une mesure, un résultat. Parfois, l’information n’est pas visible au premier regard : il faut l’extraire des données et des relations.

3. Donnée et information : les mêmes chiffres, des sens différents

Écrivons 14092022. C’est une donnée : une suite de symboles. À elle seule, elle ne dit pas avec certitude ce qu’elle représente. Pour l’interpréter, il faut un contexte et une règle de lecture.

ContexteInterprétation de la donnée
Calendrier, format jour-mois-année14-09-2022 : 14 septembre 2022.
Montant exprimé en euros entiers14 092 022 euros.
Champ destiné à un numéro de téléphoneUne suite de chiffres à interpréter selon les règles du champ. Le contexte seul ne garantit pas qu’il s’agisse d’un numéro de téléphone valide.
Champ du mot de passe Wi-FiUne suite de caractères servant de mot de passe : il s’agit seulement d’un exemple d’interprétation, pas d’un mot de passe à utiliser.

Donnée + contexte + règle d’interprétation → information compréhensible. Interpréter une représentation signifie effectuer un décodage. Nous ne changeons pas les chiffres : nous leur donnons un sens.

L’unité de mesure fait aussi partie du contexte. La donnée 28 peut désigner des élèves, des degrés ou des euros : écrire seulement le nombre ne suffit souvent pas. Lorsque nous mémorisons une donnée, il est donc important de conserver aussi les informations nécessaires pour la lire correctement.

La même donnée 14092022 peut être interprétée comme date, montant, numéro de contact ou mot de passe selon le contexte.
La donnée ne change pas : le contexte et la règle d’interprétation changent.

4. Apprendre l’informatique ne signifie pas seulement utiliser des logiciels

Acquérir des compétences informatiques, c’est apprendre à faire des choix éclairés sur les informations :

  • Sélectionner : distinguer les données utiles de celles qui ne répondent pas à la question.
  • Organiser : attribuer des noms, des catégories et un ordre clair.
  • Extraire : obtenir un résultat ou une relation qui n’étaient pas immédiatement visibles.
  • Présenter : choisir des mots, des tableaux ou des images qui rendent le résultat compréhensible.
  • Coder : décider comment représenter un contenu avec des symboles et des règles partagés, afin de pouvoir ensuite le décoder.

Informatique et communication sont étroitement liées. Le sigle ICT signifie Information and Communication Technology, soit les technologies de l’information et de la communication : outils et systèmes pour traiter, conserver et transmettre des données.

Il n’est pas nécessaire d’allumer un ordinateur pour les exemples suivants. Il faut plutôt se poser trois questions : que sais-je ? quelle règle est-ce que j’utilise ? que puis-je vraiment conclure ?

5. Quatre questions pour la première leçon

Essayez de répondre avant d’ouvrir l’explication. Dans certains cas, il manque une donnée ; dans d’autres, les mêmes exemples permettent plusieurs règles. Le but n’est pas de deviner, mais de justifier la réponse.

  1. Aldo a autant de frères que de sœurs

    Aldo dit : « J’ai autant de frères que de sœurs. » Quelle information pouvons-nous en tirer sur sa famille ? Savons-nous déjà combien il y a d’enfants ?

    Afficher la réponse et l’explication

    Pour compter ses frères, Aldo ne se compte pas lui-même. Appelons b le nombre de garçons de la famille, Aldo compris, et g le nombre de filles. Ses frères sont au nombre de b - 1, ses sœurs de g.

    La phrase signifie b - 1 = g, donc b = g + 1 : il y a un garçon de plus que de filles dans la famille.

    Par exemple, avec 3 garçons et 2 filles, Aldo a 2 frères et 2 sœurs. Mais ce n’est pas la seule possibilité : la phrase donne une relation, pas le nombre exact d’enfants. L’information se dégage en tenant compte de la personne qui parle.

  2. Un septième de la classe porte des lunettes

    Nous savons que 1/7 des élèves de la classe portent des lunettes. Quelle information avons-nous ? Pouvons-nous dire combien d’élèves cela représente ?

    Afficher la réponse et l’explication

    Nous savons que sur 7 élèves, 1 porte des lunettes : c’est une proportion, pas encore un effectif absolu. Si N est le nombre total d’élèves, ceux qui portent des lunettes sont au nombre de N/7.

    Si la classe compte 28 élèves, le nombre cherché est 28/7 = 4. Mais 28 est une donnée supplémentaire de cet exemple : on ne peut pas la déduire de la seule fraction.

    Si 1/7 est une fraction exacte, le total doit être un multiple de 7, car nous comptons des personnes entières. S’il s’agissait d’une approximation, il faudrait l’indiquer. Avant de calculer, vérifiez que vous disposez de toutes les données nécessaires.

  3. Si ce n’est pas DUE, quelle règle utilisons-nous ?

    Complétez la dernière ligne. La réponse la plus immédiate est DUE, qui signifie deux en italien. Pouvez-vous trouver une autre règle compatible avec les quatre premières lignes ?

    Les deux jeux de mots conservent volontairement les mots italiens : DODICI = douze, DIECI = dix, OTTO = huit, SEI = six, QUATTRO = quatre, CINQUE = cinq, DUE = deux, SETTE = sept, NOVE = neuf, TRE = trois, UNO = un. Ces mots sont les données traitées : les traduire changerait le nombre de lettres et l’ordre alphabétique.

    Mot de départRésultat
    DODICISEI
    DIECICINQUE
    OTTOQUATTRO
    SEITRE
    QUATTRO????
    Afficher la réponse et l’explication

    La première lecture est arithmétique : 12 divisé par 2 donne 6, 10 divisé par 2 donne 5, 8 divisé par 2 donne 4 et 6 divisé par 2 donne 3. Selon cette règle, 4 divisé par 2 donne DUE, c’est-à-dire deux.

    Mais nous pouvons considérer les mots comme des données et compter leurs lettres : DODICI a 6 lettres, DIECI en a 5, OTTO 4 et SEI 3. QUATTRO a 7 lettres : avec cette seconde règle, la réponse est SETTE, c’est-à-dire sept.

    DUE et SETTE correspondent à deux règles différentes, toutes deux compatibles avec les quatre premières lignes. Pour choisir le résultat attendu, il faut préciser le critère : opération sur les nombres ou traitement des mots. C’est une petite leçon sur la représentation et l’ambiguïté.

  4. Une suite ordonnée… mais pas selon la valeur

    La suite 5,2,9,8,4,6,7,3,1 est ordonnée. Elle n’est ni dans l’ordre numérique croissant ni décroissant : quel critère a été utilisé ?

    Afficher la réponse et l’explication

    Écrivons les nombres en lettres, en italien, en conservant l’ordre donné :

    cinque → due → nove → otto → quattro → sei → sette → tre → uno.

    Les mots sont dans l’ordre alphabétique. Par exemple, sei et sette ont les mêmes deux premières lettres ; à la troisième, i précède t.

    Ainsi, ordonner ne signifie pas toujours ranger du plus petit au plus grand : il faut préciser la propriété comparée et les conventions utilisées. Changer de langue peut changer l’ordre des noms des nombres.

6. Ce que nous retenons de la leçon

Une donnée est une représentation. Pour en tirer de l’information, il faut l’interpréter dans son contexte. Un même message peut apporter des connaissances différentes à des personnes différentes, et une même suite peut être traitée avec des règles différentes.

L’informatique ne se limite donc pas à l’utilisation d’un appareil : elle nous apprend à poser des questions précises, reconnaître les données, expliciter les règles et rendre les résultats compréhensibles. Le raisonnement précède la commande.

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