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Équations et polynômes : racines complexes, multiplicités et factorisations

Des équations quadratiques aux facteurs complexes : racines multiples, conjuguées, théorème fondamental de l’algèbre et division de Horner. Exemples, exercices et laboratoire.

Section: Nombres complexes Mis à jour:

Étape 8 : à quoi servent les complexes

Laboratoire : équations, facteurs et multiplicités

Index du parcours

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Racines dans le plan complexe, paire conjuguée symétrique et anneaux représentant une racine double
Un point représente une racine distincte ; la multiplicité compte les occurrences de son facteur. Les conjuguées sont symétriques par rapport à l’axe réel.

22 min

Un polynôme de degré quatre doit-il avoir quatre solutions différentes ? Non : une racine peut se répéter. Cette étape relie trois lectures du même objet : une équation à résoudre, un produit de facteurs et des points dans le plan complexe.

Illustration de la section Nombres complexes
Section : Nombres complexes

Index du parcours · Laboratoire : équations, facteurs et multiplicités · Étape 6 : toutes les racines complexes

1. Que résout-on ?

Un polynôme est P(z)=a_n zⁿ+a_(n−1)z^(n−1)+…+a₁z+a₀, à coefficients complexes et a_n≠0. Son degré n est le plus grand exposant de coefficient non nul. Une racine r vérifie P(r)=0. La variable z rappelle que l’on cherche aussi hors de la droite réelle.

Aucun réel n’annule P(z)=z²+1, mais i et −i l’annulent. Le polynôme n’est pas impossible : il faut préciser l’ensemble où résoudre. Les exposants sont des entiers positifs ou nuls ; 1/z et √z ne sont pas des termes polynomiaux.

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2. D’une racine à un facteur

Diviser P(z) par z−r donne P(z)=(z−r)Q(z)+c, avec reste constant c. En posant z=r, on obtient P(r)=c. Ainsi :

P(r)=0 ⇔ P(z)=(z−r)Q(z).

C’est le théorème du facteur. Un point semblant être une racine sur un dessin ne suffit pas : le reste doit être nul. Pour z²+1, i correspond à z−i et −i à z+i : (z−i)(z+i)=z²−i²=z²+1. Le signe dans le facteur est opposé à celui de la racine.

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3. Le théorème fondamental de l’algèbre

Tout polynôme non constant à coefficients complexes possède au moins une racine complexe. Nous énonçons ce théorème sans le démontrer : sa preuve demande d’autres outils. On en déduit la factorisation : une racine trouvée, diviser par son facteur réduit le degré de un. Répéter finit par laisser une constante non nulle.

P(z)=a_n∏(z−r_j)^(m_j), avec ∑m_j=n.

Les r_j sont distinctes et les entiers positifs m_j sont leurs multiplicités. Le degré compte les racines avec répétitions, pas forcément des points différents. Le théorème garantit l’existence, pas une formule simple ni un algorithme immédiat.

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4. Le second degré, même à discriminant négatif

Pour Az²+Bz+C=0 avec A,B,C réels et A≠0, multiplier par 4A puis compléter le carré donne (2Az+B)²=B²−4AC=Δ. Si Δ≥0, utiliser les racines réelles ; si Δ<0, ses racines carrées sont ±i√(−Δ).

z₁,₂=(−B±√Δ)/(2A)
Pour Δ<0 : z₁,₂=(−B±i√(−Δ))/(2A).

Exemple : z²−2z+5=0. Δ=4−20=−16, donc z=(2±4i)/2=1±2i. Factorisation : [z−(1+2i)][z−(1−2i)]. Pour Δ=0, la seule racine distincte −B/(2A) est double. Si A=0, traiter le cas linéaire ou constant, pas le second degré.

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5. Une racine double n’est pas deux points

Problème : résoudre P(z)=(z−1)²(z²+1)=0. Un produit est nul si au moins un facteur l’est. La racine 1 a multiplicité 2 ; i et −i ont multiplicité 1. Il y a trois solutions distinctes, mais 2+1+1=4 racines avec multiplicités, comme le degré.

En développant : P(z)=z⁴−2z³+2z²−2z+1. La multiplicité m de r est le plus grand exposant tel que (z−r)^m divise P : P(z)=(z−r)^m Q(z), avec Q(r)≠0. On trace un point pour r et on indique m=2, pas deux points séparés ou décalés.

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6. Comment mesurer la multiplicité

Diviser successivement par z−r tant que le reste est nul. Pour P(z)=z⁴−2z³+2z²−2z+1 et r=1, le premier quotient est z³−z²+z−1 ; le deuxième z²+1 ; le troisième essai a pour reste 2. La racine 1 est donc exactement double.

Le dernier reste non nul compte : sinon on saurait seulement que la multiplicité vaut au moins deux. Pour un polynôme non nul, un autre critère est P(r)=P′(r)=…=P^(m−1)(r)=0 et P^(m)(r)≠0. Ici P′(1)=0 et P″(1)=4≠0. Les divisions du laboratoire utilisent des fractions exactes, pas un seuil numérique pour décider si un reste est nul.

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7. Pourquoi les conjuguées apparaissent

Si tous les coefficients de P sont réels, P(conj(z))=conj(P(z)) : la conjugaison conserve sommes et produits et fixe les réels. Ainsi P(r)=0 implique P(conj(r))=0. Les racines non réelles vont par paires conjuguées de mêmes multiplicités : conjuguer une factorisation conserve les exposants.

Pour r=a+bi avec b≠0, la conjuguée est a−bi : même a et b opposé. Une racine réelle est sa propre conjuguée et ne se double pas. L’hypothèse réelle est essentielle : P(z)=z−i a pour constante −i et racine i, mais pas −i. Construisez ce contre-exemple dans le laboratoire.

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8. Factoriser dans ℂ ou dans ℝ

Dans ℂ, tout polynôme non constant se factorise en facteurs linéaires. Dans ℝ, des facteurs quadratiques irréductibles peuvent subsister. Une paire conjuguée se regroupe ainsi :

[z−(a+bi)][z−(a−bi)]=z²−2az+(a²+b²).

Pour b≠0, le discriminant −4b²<0 exclut les racines réelles. Pour 1±2i on obtient z²−2z+5. Dire « non factorisable » exige donc un ensemble : quels coefficients autorise-t-on ? À coefficients réels, facteurs linéaires réels et paires quadratiques reconstruisent tout le polynôme, sans perdre le coefficient dominant.

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9. Somme et produit : attention aux signes

Développer (z−r₁)(z−r₂) donne z²−(r₁+r₂)z+r₁r₂. Les racines de z²+bz+c ont donc somme −b et produit c. Pour z²+5z+6, elles sont −2 et −3, pas 2 et 3. Les facteurs sont (z+2)(z+3).

∑r_j=−a_(n−1)/a_n; ∏r_j=(−1)ⁿa₀/a_n.

Ces formules de Viète comptent les racines avec répétitions. Pour (z−1)²(z²+1), somme 1+1+i−i=2 et produit 1·1·i·(−i)=1 correspondent aux coefficients. Ce sont des contrôles utiles, mais au-delà du second degré, somme et produit seuls ne certifient pas toutes les racines.

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10. Horner : multiplier, ajouter, vérifier

Problème : tester r=1 pour P(z)=z³−z²+z−1. Lister les coefficients décroissants : 1,−1,1,−1. Abaisser 1, puis multiplier le dernier résultat par r et ajouter le coefficient suivant. On obtient 1,0,1,0. Le dernier est le reste P(1)=0 ; les précédents sont les coefficients de Q(z)=z²+1.

Ainsi P(z)=(z−1)(z²+1)=(z−1)(z−i)(z+i). Ne pas omettre les coefficients nuls : z³+1 exige 1,0,0,1. L’algorithme vaut aussi pour r complexe, avec sommes et produits complexes. Le laboratoire détaille les opérations et permet de recommencer sur le quotient.

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11. Trouver des racines sans deviner

Chercher d’abord une structure. Pour z⁴+5z²+4=0, poser t=z² : t²+5t+4=(t+1)(t+4)=0. Donc z²=−1 ou z²=−4, d’où z=±i,±2i. Factorisation : (z²+1)(z²+4), ou quatre facteurs linéaires dans ℂ. Le laboratoire reconstruit ces facteurs et contrôle les coefficients.

À coefficients entiers, une racine rationnelle p/q réduite a p divisant la constante et q divisant le coefficient dominant. Ce sont seulement des candidats à tester ; si la constante est nulle, factoriser d’abord la puissance de z. Ne pas trouver de racines rationnelles n’exclut pas les racines réelles ou complexes. Pour zⁿ=w, utiliser l’étape 6.

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12. Ce que le laboratoire certifie

Trois activités : résoudre les équations réelles de degré au plus deux dans les limites des entrées ; construire un polynôme avec des racines rationnelles complexes et multiplicités choisies ; tester exactement une candidate pour un polynôme réel rationnel de degré au plus huit. Cette dernière activité ne prétend pas trouver toutes les autres racines : le quotient restant est indiqué comme non encore factorisé.

Un petit reste non nul ne certifie pas une racine. Par exemple z²−2z+9999/10000=(z−99/100)(z−101/100) a deux racines proches distinctes, pas une double. Les fractions les distinguent exactement. Le polynôme nul s’annule partout, sans multiplicité finie à attribuer à chaque point ; une constante non nulle n’a pas de racines. Il faut reconnaître ces cas.

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Douze exercices à chercher

1. Résoudre z²+5z+6=0 en vérifiant les signes.

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Racines : −2 et −3 ; somme −5, produit 6. Facteurs : (z+2)(z+3), pas (z−2)(z−3).

2. Résoudre z²−4z+13=0.

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Δ=16−52=−36. z=(4±6i)/2=2±3i. Donc P(z)=[z−(2+3i)][z−(2−3i)]. Le produit des racines vaut 13.

3. Combien de solutions distinctes pour (z+2)³(z−i)²=0 ?

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Deux : −2 de multiplicité 3 et i de multiplicité 2. Avec répétitions, on compte 5, comme le degré. Ne pas ajouter automatiquement −i : les coefficients ne sont pas tous réels.

4. Construire le polynôme unitaire de racine double 1 et simples ±i.

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P=(z−1)²(z−i)(z+i)=(z−1)²(z²+1)=z⁴−2z³+2z²−2z+1. Les multiplicités somment à 4 ; le coefficient dominant vaut 1.

5. Un polynôme réel a pour racine double 3−2i : que déduire ?

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3+2i est double aussi. Le degré est au moins 4 et [(z−3)²+4]²=(z²−6z+13)² divise P. D’autres racines peuvent exister.

6. Appliquer Horner à z³+1 en r=−1.

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Les coefficients 1,0,0,1 donnent 1,−1,1,0. Quotient z²−z+1, reste 0. Donc P=(z+1)(z²−z+1), autres racines (1±i√3)/2.

7. Résoudre z⁴+5z²+4=0.

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Poser t=z² : (t+1)(t+4)=0. z²=−1 et z²=−4 donnent i,−i,2i,−2i, toutes simples. Factorisation réelle : (z²+1)(z²+4).

8. P(2)=0 et P′(2)=0 prouvent-ils une racine exactement double ?

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Non : pour un polynôme non nul, c’est au moins double. Il faut P″(2)≠0, ou deux divisions exactes puis un reste non nul. Pour (z−2)³, P″(2)=0 aussi.

9. Construire P de coefficient dominant 2 et racines ±i.

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P=2(z−i)(z+i)=2z²+2. Garder le facteur 2 : les racines seules déterminent un polynôme à une constante multiplicative non nulle près.

10. Le reste 1/100000 est-il nul pour le théorème du facteur ?

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Non. Il est positif non nul : la candidate n’est pas une racine exacte. Une approximation numérique est une autre affirmation et ne certifie pas la multiplicité.

11. Comparer les polynômes constants P(z)=0 et P(z)=7.

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L’équation P(z)=0 est une identité dans le premier cas : tout z convient, sans multiplicité finie usuelle. Le second demande 7=0, sans solution. Le théorème fondamental concerne les polynômes non constants.

12. Pour P(z)=z⁵−3z⁴+2, trouver somme et produit des racines.

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Avec répétitions, somme −(−3)/1=3 et produit (−1)⁵·2=−2. Ces données seules ne donnent ni les racines individuelles ni leurs multiplicités.

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Pour approfondir

OpenStax · Zeros of Polynomial Functions

NIST DLMF · Zeros of Polynomials